
le volet financier
Le déploiement de HONOTUA qui procède
indéniablement de la réduction de la fracture
numérique Nord-Sud, constitue un
enjeu économique et social crucial pour la
Polynésie française et ses habitants.
Ce faisant, HONOTUA contribue au désenclavement
attendu du Pays en matière de haut
débit, à l’accroissement de la qualité des services
et à une baisse des tarifs pour l’utilisateur
mais aussi au développement de valeur, de
nouvelles activités et de nouveaux métiers.
L’évolution du marché polynésien
en matière de télécommunications à l’international
(Internet principalement) ces
dernières années, amène à un
double constat :
1. la solution actuelle et classique
du satellite ne serait plus en mesure
de répondre à terme, techniquement
aux exigences de croissance
des débits et de qualité de service,
en raison de la couverture satellitaire
limitée sur la Polynésie française ;
2. le modèle actuel de location des capacités
de transmission nécessaires à la Polynésie française,
sera économiquement
obsolète
en raison d’une augmentation
mécanique des coûts, proportionnelle à l’usage.
Tous ces éléments ont milité pour envisager
de retenir une solution qui s’articule autour
d’un achat par l’OPT, d’un système de câbles
sous-marins qui permettrait une meilleure
maîtrise des coûts sur le long terme.
Par conséquent, au-delà des aspects techniques
précédemment exposés, il était impératif
d’évaluer et de négocier le montant des
investissements, de bâtir un plan de financement
et enfin, de montrer la viabilité économique
de ce projet.
> Le coût de HONOTUA
Le montant de l’investissement total du projet HONOTUA est estimé à 9,538 milliards F cfp se répartissant comme suit :
• système domestique : 1,871 milliard de F cfp,
• système international : 7,667 milliards de F cfp.
> Le financement de HONOTUA
Pour financer cet investissement, le plan retenu prévoit :
• un apport direct de l’OPT de : 2,200 milliards F cfp
• une subvention du Pays de : 1,500 milliard F cfp,
• divers emprunts pour un montant total de : 5,838 milliards F cfp.
D’autres sources de financement ont été recherchées puisqu’elles représenteraient alors un véritable bonus permettant d’alléger la participation de l’OPT (soit sur l’apport direct, soit sur la partie emprunt), et par voie de conséquence, d’accélérer la rentabilité du projet.
Il s’agit notamment du dispositif d’aide fiscale à l’investissement outre-mer (« loi Girardin »), de contribution directe de l’Etat ou bien de sources de financement européen. Le montant de l’emprunt sera réduit à due proportion :
• de la rétrocession obtenue dans le cadre de la défiscalisation « loi Girardin ». Afin de procéder à une réduction plus importante des tarifs permettant l’accès du plus grand nombre de polynésiens à l’Internet, l’OPT a fait appel à ce dispositif métropolitain d’aide fiscale à l’investissement outre-mer8;
• du prêt à taux bonifié qui pourrait être accordé par l’Agence Française de Développement (AFD).
8 l’aide fiscale portera sur les investissements mobiliers installés dans la zone économique exclusive de la Polynésie fran-çaise. La base éligible est estimée à environ 3,1 milliards de F cfp.
> Les études économiques
Trois scénarii d’exploitation ont été élaborés, correspondant à des hypothèses
basse, médiane et haute.
Ils s’articulent autour d’objectifs de pénétration de
l’Internet dans les foyers polynésiens et de la définition des offres qui pourraient être mises en oeuvre par l’OPT pour doper le marché.
A partir d’un taux de pénétration de l’Internet par rapport à la population de la
Polynésie française, estimé à 8% au 31 décembre 2009, les hypothèses retenues pour la croissance de ce taux dans le cadre de l’étude économique, sont décrites dans le tableau
ci-dessous.
| Hypothèses |
Définition |
Variations des taux
de pénétration de la
population |
| Hypothèse basse |
Maintien des offres Internet actuelles dans l’état
pendant toute la période de vie économique du
système (25 ans)
|
- 2010 à 2014 : 7%
- 2015 à 2032 : 3.5% |
| Hypothèse médiane |
Développement d’offres nouvelles dès la mise en
service du câble sous-marin en proposant :
• une tarification différente pour inciter les
abonnés à souscrire un forfait supérieur
pour un débit largement supérieur,
• des accès à 1Mbit/s et 2 Mbit/s voire au-delà. |
- 2010 à 2014 : 9%
- 2015 à 2032 : 4.5% |
| Hypothèse haute |
Stratégie de conquête des abonnés
avec des offres adaptées favorisant :
• le nomadisme,
• la convergence des services
(Internet + le téléphone + la vidéo),
• l’Internet à la carte,
• la multiprise familiale
|
- 2010 à 2014 : 11%
- 2015 à 2032 : 5.5% |
A l’issue des analyses, les conclusions sont encourageantes
puisqu’en fonction des hypothèses retenues, le seuil
de rentabilité serait atteint à l’horizon de 5 à 19 années
d’exploitation, sachant que le câble dispose d’une durée
de vie technique théorique garantie de 25 ans.
Les dernières projections permettent de confirmer que
les coûts du raccordement à l’international par satellite,
dépasseront ceux par câble sous-marin dès mi-2010.
> L’accompagnement
de HONOTUA
Un projet d’une telle envergure nécessite la contribution
de consultants spécialisés pour des analyses et des
recommandations :
> pour la sélection des candidats aux appels d’offres
lancés par l’OPT ;
• choix de la (des) banque(s) prêteuse(s) participant au
financement de l’opération ;
• choix de l’arrangeur fiscal pour la mise en oeuvre du
dispositif de financement qui consiste à organiser le
montage juridique et fiscal, à négocier les termes de
l’agrément fiscal auprès de la direction générale des
finances publiques (DGFIP), et à réunir les positions
fiscales nécessaires au bouclage de l’opération ;
• sélection de l’opérateur de télécommunication
hébergeant HONOTUA à Hawaii ;
> pour les négociations avec les différents fournisseurs et
prestataires de services ;
> sur les procédures administratives d’autorisations, de
permis, de licences. |